Nous venons de passer la nuit à l'hôtel express dans la charmante petite bourgade de Tatarbunary (oui, oui ça existe...). Il est 7h, nous partons vers Odessa. Le soleil brille, un doux zéphyr nous caresse le visage, tout baigne! Après 3km nous arrivons à l'embranchement de la route principale et de la route secondaire qui longe la côte. Nous décidons de prendre le trajet secondaire qui sera moins encombré à l'arrivée à Odessa et sans doute plus pittoresque.
Nous attaquons un montée annoncée à 10% mais nous montons sans problème, le mollet alerte et la cuisse fringante.
Moi, Annie , je suis devant, et soudain j'entends un bruit de choc et de moteur...Marie n'est pas tombée me dis-je sans y croire???? Et à ce moment une lada hors d'âge me double et les occupants me crient des choses incompréhensibles. Mon sang ne fait qu'un tour et mon vélo un demi tour! Je descends à 200km/h les 50 m qui me séparent de Marie. Un camion est arrêté, le vélo est à terre, Marie est assise dans l'herbe, le visage en sang! Le bras gauche en charpie, le pouce droit à angle droit, avec la chair explosée, on voit l'os...
C'est un laitier tout endormi qui ne l'a pas vue et qui l'a propulsée plus vite que prévu. Mais il est correct, il apporte de l'eau pour nettoyer les plaies, et appelle l'ambulance.Pendant ce temps là je contacte l'assurance sans perdre de temps. Le responsable de l'accident charge les vélos et les bagages à côté de la citerne de lait et tout le monde part à l'hôpital.
Maintenant il me faut le N° de tel de l'hôpital pour l'assurance! Personne ne comprends ma demande...un médecin assez âgé qui parle quelques mots de français passe par là, regarde rapidement notre blessée et la laisse aux mains d'un jeune toubib. Il me dit que tout va bien aller et me griffonne le N° de l'hôpital sur le papier que je lui tends. Soudain toute une escouade de police arrive et oh miracle, avec eux il y a une dame assez âgée, Olga, qui parle un français impeccable, pour la bonne raison qu'elle a enseigné cette langue pendant 46 ans.
La police prends la déposition du laitier mais il dit que Marie s'est déportée sur la gauche; cela ne correspond pas à mes observations: les traces du vélos sont nettes car entre le bitume et la partie en herbe il y avait un peu de terre meuble et les empreintes des roues du vélos y sont imprimées! Nous allons donc avec un expert photographe sur les lieux du crime! Il y a quelques indices dans l'herbe: morceau du casque, comprimés de Doliprane, tombés de la poche du pantalon, bouchon de la crème solaire... ce qui corrobore ma version des faits!
Après ces premières constatations tandis que Marie est en train de se faire soigner, gardée par deux policiers je suis enfermée au commissariat et pendant des heures, on tape des rapports, on me fait répéter 20 fois la même chose... Marie est ramenée vers midi par ses gardes du corps, nouveaux témoignages, nouveaux interogatoires et enfin à 15h15 on nous emmène à l'hôtel situé près du commissariat; les policiers nous précisent que nous n'aurons pas à payer notre hébergement. Il est à noter que si la procédure a été très longue les policiers sont toujours restés courtois et ont fait de leur mieux pour nous aider: transport du vélo chez Olga, transport de nos bagages, offre de thé...
Nous récupérerons tous ce matériel plus tard, pour l'instant il faut poursuivre les soins: radios, désinfection des plaies..
D'ici quelques jours nous rajouterons quelques photos plus attrayantes, de notre voyage, sur la page photos ....
THE END!!!
Dommage...
Nous nous sommes bien amusées pendant ce voyage jusqu'au samedi 15 juin mais maintenant plus question de le poursuivre....de toute manière nos visas vont bientôt expirer, mais pas nous...et nous repartirons en vélo un jour sûrement.